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Dans les coulisses de Paumara

Les dessous d’une marque « upcycling »

Tout a commencé dans une petite boutique de friperie Emmaüs, en bas de chez moi. Des vêtements de seconde main sont présentés sur des portants formant un mélimélo de styles et de couleurs. Dans un grand bac s’entassent quelques draps, nappes et rideaux. Un monticule de tissu reposant là en attendant de trouver un nouveau propriétaire. Certains imprimés me renvoient à des images d’enfance. Des motifs fleuris aux teintes un peu fanées qui m’évoquent les tapisseries de chez mes grands-parents. Je trouve entre autre des linges avec des initiales brodées, probablement celles des familles auxquelles ils ont appartenu. D’autres broderies, plus complexes, viennent décorer le pourtour d’un drap. Des linges en dentelles et quelques matières synthétiques satinés, vestiges des années 2000, s’ajoutent à la pile.

Sélection des matières

Désormais à chaque passage en ressourcerie, je connais le chemin et je sais ce que je veux ! Dans des bacs, sur des portants ou pliés dans des étagères, je ne perds pas de temps, je fouille, soupèse, déplie et inspecte méticuleusement à l’affut de la moindre tache indélébile. Méthodiquement j’écarte, je tri et je fais des piles. Bien souvent j’ai le droit aux regards inquiets ou agacés de la vendeuse. Elle n’apprécie que moyennement de me voir plonger dans ses piles soigneusement rangés. Au toucher, je peux déjà identifier quels tissus sauront s’adapter aux modèles que j’ai imaginés. Je glisse mes doigts entre la matière et l’oriente vers la lumière. De cette façon, je vérifie la transparence du tissu mais aussi sa couleur et son aspect, plutôt brillant, satiné, mat… Presque à chaque fois, je repars les bras chargés, exalté par mes trouvailles impatiente de passer à l’étape suivante. J’ai souvent le sentiment étrange d’avoir fait une bonne action. C’est comme si j’avais « sauvé » tout ces tissus d’un sort tragique, allant de l’abandon le plus totale à l’incinération !

Harmonie des couleurs

L’étape suivante est un peu plus technique. Tout d’abord, je classe par couleur les tissus afin de créer des camaïeux et des univers harmonieux. L’objectif étant de faire des mini collections dans la collection. Cela implique, parfois, de devoir se restreindre un peu pour rester cohérente. C’est la meilleure façon d’éviter de partir dans tous les sens et de dériver vers « l’effet patchwork » que je n’affectionne pas particulièrement. J’ai à cœur de proposer des collections minimalistes et d’après une certaine experte mode brésilienne, Cristina Cordula, il ne faut jamais porter plus de trois couleurs à la fois ! La règle s’applique également quand il s’agit d’élaborer une collection de prêt-à-porter !

Élaboration des collections capsules

Ensuite vient l’étape de la répartition des modèles. Il se peut qu’au moment de la sélection des tissus, j’ai déjà en tête un vêtement précis. Toutefois, comme je change d’avis très souvent, il n’est pas rare que ce qui devait être une veste ne devienne une jupe. Après avoir préalablement patronné, c’est-à-dire, réalisé le dessin à plat du futur vêtement je viens reporter le modèle sur le tissu. Je l’épingle et découpe tous les morceaux qui seront utiles au montage du vêtement. Parfois, quelques mauvaises surprises sont au rendez-vous. Des tâches tenaces, une zone griffée, abimée… Il arrive aussi que le métrage disponible soit une peu juste pour réaliser le modèle escompté. Il faut donc dans ces cas-là s’adapter, trouver un plan B, changer de modèle ou de taille !

Conception des vêtements

Après la coupe, le montage. Direction chez la couturière. Chaque pièce est donc réalisée à 4 mains, d’abord les miennes, je prépare une sorte de kit avec les fournitures et les pièces découpées, puis Marie, se charge de la partie plus technique, le montage. C’est à chaque fois un vrai bonheur de découvrir le résultat car même si les coupes sont standardisées, le rendu final varie très souvent selon le tissu. Il y a parfois des ratées, mes ambitions créatives ne se concilient pas toujours très bien avec la réalité du terrain et les limites des tissus. Mais ce sont des tentatives qui me permettent de me familiariser avec les matières, d’apprendre et de progresser.

Et pour finir, la commercialisation

Une fois les pièces montées, elles sont lavées, pour éliminer encore d’éventuelles tâches, tester la solidité des coutures et vérifier que le vêtement ne va pas bouger au lavage. Puis, je les repasse et choisit selon la collection auxquelles elles appartiennent soit de les déposer en boutique chez la Mistinguette en salopette (située au 33 rue de la Colombette à Toulouse) soit de les shooter pour la boutique en ligne.

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